STRASBOURG, 19 juillet (Reuters) - L’intersyndicale de General Electric a rendu publique vendredi une mise en demeure adressée au ministre de l'Economie Bruno Le Maire pour qu’il fasse respecter l’accord de 2014 signé entre General Electric GE.N , l’Etat et la société Alstom, lors de la vente des activités énergie de celle-ci au conglomérat américain. Les syndicats, pour qui General Electric n’a pas tenu ses engagements de maintenir les quartiers généraux de l’activité turbine à gaz à Belfort pendant au moins dix ans, se disent prêts à saisir le tribunal dès septembre pour non-respect de l’accord s’ils n’obtiennent pas d’ici là une réaction positive du gouvernement. Ils demandent également à celui-ci « d’exiger de la société General Electric Energy Product France » la suspension de la procédure d’information-consultation du comité social et économique ouverte le 21 juin sur un projet de suppressions d’un millier d’emplois à Belfort. « Si en septembre on n’a pas de réponse, on attaquera l’Etat devant le tribunal administratif », a déclaré à Reuters Philippe Petitcolin, porte-parole de l’intersyndicale CGT, Sud, CFE-CGC et représentant de ce dernier syndicat. « Notre arme ultime, c’est ce fameux accord », ajoute-t-il, estimant que le gouvernement s’est trop focalisé sur la promesse de créer 1.000 emplois sur trois ans, engagement non tenu mais compensé par une pénalité de 50 millions d’euros que paiera l’entreprise. Les syndicats dénoncent la disparition des fonctions de direction établies à Belfort au profit d’une entité logée en Suisse, un choix opéré, selon eux, pour des raisons « fiscales » qu’ils jugent responsable de la dégradation des performances de l’entreprise. La suppression à Belfort de 792 emplois de production dans les turbines à gaz, soit la moitié de l’effectif, reviendrait, selon Philippe Petitcolin, non seulement à « tuer Belfort », mais aussi à « tuer le business ». « Nous avons tenu tous nos engagements à date. Notre projet actuel pour Belfort prend en considération ces engagements et nous avons pleinement l'intention de les respecter jusqu’au terme de l’accord », a réagi General Electric dans un communiqué. Un responsable de l’entreprise rappelle en privé que le retournement de conjoncture sur le marché de l’énergie est mondial et que la France a été d’abord épargnée par l’accord de 2014 quand le groupe annonçait, dès décembre 2017, 12.000 suppressions d'emplois au sein de son pôle énergie. (Gilbert Reilhac, édité par Sophie Louet)
France-Les syndicats de General Electric prêts à attaquer l’Etat
information fournie par Reuters 19/07/2019 à 15:41
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